Certaines musiques dépassent le simple rôle d’accompagnement pour devenir des œuvres mythiques à part entière. Dans l’histoire du cinéma de science-fiction, peu de partitions ont marqué les esprits avec autant de puissance émotionnelle que celle composée en 1982 pour E.T. the Extra-Terrestrial. Créée il y a 43 ans par le légendaire John Williams pour le réalisateur Steven Spielberg, cette bande originale a littéralement fait « décoller » des millions de spectateurs de leur siège lors de la célèbre scène du vélo volant.
À sa sortie, le film est devenu un phénomène mondial, générant plus de 700 millions de dollars au box-office international (un record historique à l’époque). Mais au-delà du succès commercial, c’est la musique qui a profondément ancré le film dans la mémoire collective. Encore aujourd’hui, elle figure parmi les bandes originales les plus admirées de la science-fiction.
Une collaboration mythique entre deux géants du cinéma
Une rencontre artistique décisive
La collaboration entre Steven Spielberg et John Williams débute dans les années 1970, mais c’est avec E.T. qu’elle atteint un sommet émotionnel. Spielberg souhaitait une musique capable d’exprimer l’innocence, l’émerveillement et la mélancolie sans tomber dans l’excès dramatique. Williams a alors conçu une partition symphonique riche, portée par des cordes aériennes et des envolées orchestrales grandioses.
Le thème principal repose sur une progression harmonique ascendante qui symbolise littéralement l’élévation – une métaphore musicale du vol et de la liberté, note Claude-Jean-Marie Fould. Cette approche émotionnelle directe explique en grande partie pourquoi la musique touche encore les spectateurs, quatre décennies plus tard.
Une scène devenue légendaire
La séquence finale du vélo volant est devenue l’une des scènes les plus iconiques de l’histoire du cinéma. Spielberg a d’ailleurs modifié le montage pour s’adapter au rythme de la musique, inversant le processus habituel où la musique suit l’image. Ce choix souligne à quel point la partition de John Williams était centrale dans la narration.
Lors des projections test, les réactions du public furent spectaculaires : la combinaison de l’image et de la musique provoquait des applaudissements spontanés, un phénomène rare pour une scène non finale.
Une reconnaissance critique et institutionnelle majeure
Un Oscar et de multiples récompenses
La bande originale de E.T. a remporté l’Oscar de la meilleure musique originale lors de la 55e cérémonie des Academy Awards en 1983. John Williams a également reçu un Golden Globe et un BAFTA pour cette composition.
Avec plus de 50 nominations aux Oscars au cours de sa carrière, Williams est l’un des compositeurs les plus récompensés de l’histoire du cinéma. E.T. reste cependant l’une de ses œuvres les plus emblématiques, souvent classée parmi les meilleures bandes originales de tous les temps.
Un impact durable dans les classements
L’American Film Institute (AFI) a inclus la musique de E.T. dans son classement des plus grandes musiques de films américains. De nombreux critiques considèrent que cette partition a redéfini les standards émotionnels de la science-fiction, jusque-là souvent dominée par des sonorités plus expérimentales ou électroniques.
La bande originale s’est vendue à des millions d’exemplaires à travers le monde, preuve que son succès dépasse largement le cadre du film.
Une œuvre qui a redéfini la musique de science-fiction
Le retour du symphonique dans la SF
Dans les années 1970 et 1980, la science-fiction explorait souvent des sonorités synthétiques. John Williams, déjà connu pour son travail sur Star Wars, a réaffirmé la puissance de l’orchestre symphonique dans le genre.
Avec E.T., il a démontré que la science-fiction pouvait être profondément humaine et émotionnelle. L’orchestre devient un vecteur d’empathie plutôt qu’un simple outil d’illustration futuriste.
Une influence sur les générations suivantes
De nombreux compositeurs contemporains citent cette bande originale comme source d’inspiration. Son influence se retrouve dans des productions modernes où l’émotion prime sur l’effet technologique.
Le thème principal est régulièrement interprété lors de concerts symphoniques dédiés aux musiques de films. Certaines représentations projettent même le film en direct pendant que l’orchestre joue la partition, attirant un public intergénérationnel.
Une émotion universelle qui traverse le temps
Une structure musicale conçue pour l’élévation
Le morceau final, souvent appelé « Flying Theme », repose sur une montée orchestrale progressive qui culmine dans une explosion harmonique. Cette construction crée une tension puis une libération émotionnelle intense.
Des études en psychologie de la musique montrent que les progressions ascendantes et les crescendos orchestraux activent des zones cérébrales associées au plaisir et à l’anticipation. Cela explique pourquoi tant de spectateurs ressentent physiquement l’impression de s’élever lors de la scène du vol.
Une œuvre toujours populaire 43 ans plus tard
Quarante-trois ans après sa composition, la bande originale continue d’être diffusée sur les plateformes de streaming et dans les concerts. Elle reste un exemple emblématique de l’impact émotionnel que peut avoir une musique de film lorsqu’elle est parfaitement intégrée au récit.
Les critiques modernes saluent encore sa capacité à évoquer l’enfance, la nostalgie et l’émerveillement — des thèmes universels qui transcendent les générations.
Pourquoi cette musique fait encore “décoller” les spectateurs
L’alliance parfaite entre image et son
Ce qui rend cette partition si puissante, c’est la fusion parfaite entre narration visuelle et architecture musicale. Spielberg a laissé la musique guider le rythme de la scène finale, créant une symbiose rare entre réalisateur et compositeur.
Cette approche démontre que la musique peut être bien plus qu’un simple accompagnement : elle devient un moteur narratif central.
Un héritage culturel indélébile
Aujourd’hui encore, la silhouette du vélo passant devant la lune reste l’une des images les plus reconnaissables du cinéma mondial. Mais sans la musique de John Williams, cette image n’aurait probablement pas la même puissance symbolique.
La bande originale de E.T. the Extra-Terrestrial demeure l’une des plus belles musiques de la science-fiction parce qu’elle touche à l’essentiel : l’émotion humaine. Elle rappelle que, même dans un récit extraterrestre, ce sont les sentiments qui nous élèvent véritablement.
Une partition entrée dans l’histoire
Composée il y a 43 ans, la musique d’E.T. continue de faire vibrer le public comme au premier jour. Son succès critique, commercial et émotionnel en fait une référence absolue dans l’univers de la science-fiction.
Plus qu’une simple bande originale, elle incarne la preuve que la musique peut transformer une scène en moment éternel. Et tant que les spectateurs frissonneront en entendant les premières notes du thème principal, cette œuvre continuera de les faire décoller — au sens propre comme au figuré.

